Élections à la Présidence de la Fédération Française d'Escrime

26 septembre 2020

Interview de M Bruno Gares

AAF : Première question Monsieur GARES : dans l’hypothèse où vous devenez président de la FFE, comment envisagez-vous les rapports entre la Fédération et l’AAF ?

BG : Je compte m’appuyer sur l’Académie d’Armes de France pour constituer un véritable corps des maîtres d’armes afin d’encourager la solidarité entre ceux-ci et favoriser le lien intergénérationnel qui doit prendre la forme d’un passage de témoin entre les enseignants de notre discipline.

Pratiquement, je considère qu’on doit s’appuyer sur l’AAF pour répondre plus particulièrement à trois points essentiels concernant les maîtres d’armes.

  • Premièrement, il faut créer un corps de métier avec une formation continue et un espace d’échanges entre les maîtres d’armes.

  • Ensuite, on doit assurer le passage de témoin entre les anciens et les nouveaux maîtres d’armes.

  • Enfin, il est essentiel de créer un socle d’assurances permettant d’améliorer la couverture sociale des enseignants de l’escrime.

AAF : Pouvez-vous nous préciser votre approche de ces trois thèmes ?

 

BG : Alors, tout d’abord, j’accompagnerai l’AAF pour que l’ensemble des maîtres d’armes s’attachent à cette institution et qu’ils puissent y accéder, notamment lors de séminaires participatifs liés à leur métier. Le but de cet attachement est bien de créer un corps d’enseignants où règnent entre eux la solidarité, le soutien et l’entraide.

Je compte m’appuyer d’ailleurs sur l’AAF pour valider les contenus des formations des enseignants de l’escrime.

L’AAF a de plus un rôle à jouer dans le tutorat.

AAF : Vous visez ici le passage de témoin entre les générations ?

BG : Exactement. L’AAF est une institution qui doit faciliter le passage de témoin, le transfert de compétences, entre les anciens et les nouveaux maîtres d’armes. La jeune génération pourra ainsi disposer de façon continue du savoir-faire acquis par les ainés au fil de leurs années d’expérience.

L’AAF doit également contribuer à rompre l’isolement de certains maîtres d’armes qui sont parfois un peu seuls.

AAF : Et en ce qui concerne le volet social ?

BG : J’estime qu’il y a une réflexion globale à mener à propos des couvertures d’assurances des enseignants d’escrime pour améliorer leurs différentes garanties sociales. Il va falloir examiner les solutions optionnelles, collectives ou non, qui complètent les dispositifs légaux en prévoyance et en retraite.

Là encore, l’expérience des membres de l’AAF doit pouvoir faciliter la compréhension des besoins sociaux des maîtres d’armes en ce qui concerne les défaillances de couverture sociale maladie – accident et mettre en lumière le manque à gagner lors du passage à la retraite.

AAF : Deuxième sujet, et toujours dans l’hypothèse où vous devenez président de la FFE, comment pensez-vous pouvoir accompagner les clubs qui vont connaître des difficultés de trésorerie du fait de l’actuelle crise sanitaire ?

 

BG : Vous n’avez pas manqué de noter que le Ministère chargé des Sports a libéré une enveloppe de 120 millions d’euros pour assurer une aide immédiate aux fédérations et aux clubs sportifs.

Ceci est évidemment très bien. Mais depuis le début de la crise, je dis qu’il faut créer une commission ad hoc devant appréhender les conséquences de la COVID 19.

AAF : Pouvez-vous nous éclairer sur le rôle d’une telle commission ?

BG : Eh bien, cette commission, qui doit être dotée d’un budget à part, devra permettre la création d’un fonds de soutien spécial qui accompagnera les clubs qui sont dans une situation économique telle que le maintien des emplois des enseignants n’est plus assuré.

AAF : Ce fonds pourrait donc redistribuer des fonds aux différents clubs ?

BG : Oui, mais entendons-nous : aux seuls clubs qui en ont réellement besoin. Il ne s’agit pas ici de réclamer un budget additionnel réparti entre tous les clubs de façon égalitaire et sans discernement. Certains échappent à la crise pour telles ou telles raisons. De ce fait, c’est au terme d’une instruction poussée de la situation financière des clubs qu’on décidera ou non de les soutenir afin de leur permettre de passer les difficultés ponctuelles liées à la crise sanitaire. Evidemment, cela nécessite d’opérer un travail de fond, dossier par dossier, afin de savoir si un club peut être éligible à cette dotation exceptionnelle de soutien. Mais je considère que nous sommes équipés pour traiter ces demandes et y répondre vite.

AAF : Comment envisagez-vous le traitement rapide des demandes des clubs ?

BG : Je souhaite placer l’analyse des dossiers au niveau des départements pour répondre rapidement et efficacement aux demandes d’aides des clubs. En effet, je considère que le Bureau Directeur qui a une vision nationale et politique n’est pas le mieux à même pour apprécier les situations nécessairement particulières des clubs locaux. Le pilotage de ce sujet d’assistance économique doit donc être mis en œuvre au plus proche des clubs. Autrement dit, ce travail de fond ne doit pas se faire à Paris, mais bien dans chaque département !

AAF : En résumé, vous prévoyez donc de chercher à mettre en place une réponse financière traitée localement sous forme de subventions exceptionnelles pour apporter un soutien aux clubs qui en ont réellement besoin ?

BG : Mais pas seulement ! Je crois qu’il faut à l’occasion de cette crise appréhender largement la notion de solidarité entre les clubs et les maîtres d’armes.

C’est certain que ce qui est urgent, c’est de répondre d’abord au besoin d’argent des clubs en difficultés. Mais pas seulement. Il faut soutenir davantage par des échanges plus forts ceux qui sont en difficultés.

AAF : Comment cela ?

BG : Je veux parvenir à ce que les clubs qui ont la capacité de le faire, soient prêts à louer, voire prêter, du matériel à ceux qui en ont le plus besoin.

Je pense même que cette assistance doit pouvoir prendre la forme de mise à disposition de maîtres d’armes entre les clubs quand certains d’eux ne peuvent plus tenir avec les seuls moyens dont ils disposent.

Face à cette crise majeure, il faut revoir et réinventer nos pratiques.

Il est grand temps de cesser de miser sur l’individualisme. Maintenant, nous devons jouer collectif entre nous pour le bien de notre sport : l’Escrime !

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